12.12.10

SICHUAN - CHENGDU


De Lijiang, on a d’abord pris un bus, 10h, jusqu’à la ville frontière (Yunnan/Sichuan) de Panzihua. Puis un train, 14h, jusqu’à Chengdu. Eprouvant. 
Panzihua m’a fait l’effet d’une abomination urbanistique. Je suppose que le développement de cette ville s’explique d’une part par l’exploitation de telle ou telle ressource minière (vu le nombre de camions poussiéreux que l’on y a croisé), et d’autre part par sa position à la croisée des chemins entre Kunming et Chengdu, mais certainement pas par le Fengshui!  Nous avons été otages de sa circulation pendant plusieurs heures. 
Le relief, complètement accidenté, a fragmenté la ville en petits morceaux, des groupe d’immeubles hideux accrochés où il pouvaient et reliés entre eux par d’énormes routes suspendues, des veines saillantes mais insuffisante, perpétuellement sclérosées par le trafic et sa pollution. Quand la pente est trop raide, il n’y a rien, un vide, une balafre dans le tissus urbain. Trop d’obstacles et la ville semble étouffer…

Chengdu est beaucoup mieux.


Il y a un moment que nous adorons: ça se passe en vélo. Comme à Pékin, les grandes avenues de Chengdu sont bordées de larges pistes cyclables protégées par des petites barrières qui les isolent des voitures et empêchent celles-ci de se garer n’importe comment. C’est très fréquenté: vélo, scooter électriques, tricycles « utilitaires ». Certains trimbalent d’encombrants objets qui dépassent de part et d’autre de leur véhicule: ballots de carton, présentoirs de vente, miroir!… ça fille dans tout les sens, dépasse, slalome, l’attention est de mise à chaque instant. Au carrefours, la voie est comme élargie et l’on s’arrête au feu rouge devant une longue ligne blanche en attendant le signal de l’agent de circulation. Tout le monde semble alors se détendre un peu. Petite accalmie au milieu de l‘agitation urbaine, l’occasion de regarder un peu autour de soi. De nouveaux arrivants viennent sans cesse grossir le rang. C’est parfois plusieurs dizaines de deux roues qui sont ainsi assemblés au coude à coude sur la ligne de départ  lorsque le drapeau se baisse enfin, marquant la fin de la trêve. La large voie libérée des voitures est alors prise d’assaut par la  nuée zigzagante qui très vite rencontre les piétons d’en face et les inévitables vélos à contre-sens. On se sent pris dans une large vague dont tous les éléments  tendent vers le même but, le bout de l’entonnoir: l’entrée opposée de la voie cyclable. 
Et c’est repartis!














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