30.1.11

BAN KHOUM KAM 2


Imaginez une rivière qui rencontre une falaise de calcaire… et y disparait! 
Kong Lo est une grotte de plus de 7km de long traversé par une rivière souterraine. Il est difficile de décrire l’expérience que représente la traversée de cet immense gouffre sur de petites pirogues à moteur. Pourtant il faut bien tenter de le faire car très peu de photos témoignent de la chose, d’une part à cause de la très faible luminosité, d’autre part parce que  l’appareil photo est tombé dans l’eau alors que l’on débarquait de la pirogue au milieu de la grotte (heureusement que 1- le court circuit provoque l’allumage de l’écran qui le rends alors repérable dans l’obscurité et au fond de l’eau, 2-c’est du bon matos, il fonctionne à nouveau après avoir séché…) 
L’entrée de la grotte elle-même est impressionnante: on y pénètre à pied en longeant la rivière sur une large plage de sable à partir de laquelle on embarque sur la pirogue. Deux guides nous accompagnent, l’un à l’avant pour diriger, l’autre à l’arrière pour manier le moteur. Devant nous, c’est une large et inquiétante bouche qui s’apprête à nous happer vers les ténèbres. Il faut un certain temps pour s’habituer à l’obscurité. L’espace est si vaste que la lumière de nos lampes frontales effleure à peine les parois autour et au dessus de nous. On distingue surtout leurs faisceaux qui ballaient en tous sens ce grand vide noir et épais, à la recherche d’un signe, d’un bout de rocher suffisamment proche pour que se révèle l’espace et nous prouver que nous somme bien dans une grotte. Etant en saison sèche, le niveau de l’eau n’est pas très haut et il faut parfois mettre pied à terre pour franchir certain passages trop peu profonds. Il est facile de perdre ses repère dans une grotte si vaste. C’est un peu effrayant. Sans nos guides nous serions complètement perdus. Ils connaissent parfaitement chaque virages, chaque rocher à éviter, chaque passage délicat. Et il y a plutôt intérêt vu la vitesse du la pirogue.
Le profil de la grotte varie en proportion, en largueur et en hauteur. Parfois nous voyons surgir de l’obscurité au dessus de nous une masse rocheuse plus basse qui ne semble accrochée à rien, puis l’instant d’après, le plafond est à nouveau un néant mystérieux. Il fait frais, et le vent que nous fait subir notre déplacement n’arrange rien. On devine l’espace immense par l’écho tonitruant du moteur qui l’emplit.
Au milieu du parcours, une vaste salle comporte toutes sortes de formations calcaires, stalagmites/tites et autres figures minérales. Miracle: elles sont mises en valeur par des éclairages. Simon, qui a un long passé de spéléologue, nous explique les mécanismes des plus énigmatiques d’entre elles. Au bout de 20min. La rivière débouche d’une falaise pour se retrouver dans la jungle. Eblouis, on reprend nos esprits, on se réchauffe et on bois un coup avant d’entamer le chemin inverse.










BAN KHOUM KAM


Autour de Ban Khoum Kam

On devait arriver vers 16h. En tout cas c’est ce que nous avions compris de la réponse à la question que nous avions cru faire comprendre à la vendeuse de ticket, à la gare de bus locaux.
« Ban khoum kam »nous répète-elle en nous montrant la destination qu’elle a écrit en lao sur notre ticket. Etrangement, le lendemain lors du départ à 7h, le gars du bus y lit plutôt « Tat lo »… c’est pas grave, c’est la ville juste à coté. 
A 16h, on s’arrête pour la énième fois dans une gare routière pour une longue pose -pipi-restauration-chargement de bagages et de motos sur le toit… On repère le nom de la station et après consultation de la carte, on se rend compte que l’on vient à peine de dépasser la moitié du chemin. Courage!
A 20h, il fait nuit depuis un petit moment. Le bus s’arrête dans le petit bourg qui se situe à l’intersection de la route principale qui mêne à la capitale avec celle sur laquelle se trouve notre destination, en direction du Vietnam. Les gars nous font descendre. « C ‘est par là »nous font-ils signe. On leur demande s’il y a un bus.
« Yes, bus, bus! ».
Le bus repart et nous laisse au bord de la route, au milieu de nulle part. On cherche vainement un arrêt de bus, ou un quelconque signe de son passage. On demande aux rares gens que l’on croise qui, soit ne nous comprennent pas, soit nous donnent un horaire approximatif entre 22h et 23h, soit nous dise qu’il n’y en a pas. On essaie l’autostop une heure… sans succès. Lassés, on décide de s’arrêter manger une soupe de nouille dans un resto local. A peine est-on assis qu’un groupe de lao arrête leur mini van devant le resto pour y diner. "Où allez vous?" nous demande l’un d’eux lorsqu’il voie nos gros sacs. Par chance ils vont dans la même direction et acceptent de nous prendre pour les dernier 40km. Le mec se révèle être un apprentis Schummarer, qui teste ses notions sommaires de freinage ou de trajectoire dans les nombreuses courbes de la route. Elo promet tout haut d'aller allumer un cierge à la Cathédrale de Strasbourg si on survit. On survit. Finalement, on arrive vers 22h à Ban Khoum Kan, petit village sur la route. Shumi nous lâche à la première guesthouse. Il faut réveiller le gérant qui sort de sa bicoque en slibard et nous fournit enfin une chambre.
Non Pierre, ce n’est pas tous les jours facile!


On ne croise pas que des voyageurs le matin à la gare routière







28.1.11

PLATEAU DES BOLOVEN 2



Si une grande partie du trajet se fait sur de confortables routes goudronnées, la partie la plus intéressante consiste en une piste qui traverse la jungle. La végétation est incroyable. Feuilles immenses, de toutes les formes, et d’un vert vif, elle semble sur le point d'avaler le chemin.
On fini souvent la journée rouges de poussière!
Pakson, au milieu du plateau est célèbre pour son café. Le Champagne des cafés selon certains. On traverse des champs de caféiers qui répandent une douce odeur. Les grains sont étalés, à sécher sur de grandes nattes devant les maisons... On l'a gouté. On n'est pas d'accord avec certains. Il est très fort et a une texture épaisse. On espère que c'est du à leur façon de le faire, avec leur drôles de filtres, car on va envoyer quelques grains à la maison pour essayer à notre façon.

















Centrale hydro-électrique!


La cuisine.















PLATEAU DES BOLOVEN 1


Le ferry-pirogue


Décidément, on se met aux usages locaux. Rien de tel pour se déplacer dans un pays asiatique qu’une bonne petite moto. On affirme néanmoins notre occidentalisme en portant un casque (ça c’est pour les mamans). 
A partir de Pakse, une boucle de 4 jours nous emmène à travers le Plateau des Boloven, une région montagneuse riche en cascades et en tigres (parait-il…). 
Pour le 4 janvier, inévitable anniversaire, on se trouve à Atapeu, pas loin de la frontière Vietnamienne. Atapeu veux dire « crotte de buffle »… étrange non?  
L’après midi, on grimpe avec nos motos sur une sorte de ferry lao pour traverser la rivière qui entoure la ville: deux pirogues sont reliées entre elles par une planche de bois, le tout est propulsé par un petit moteur. Depuis la plage, il faut prendre un peu d’élan pour y grimper, bien viser la planche qui sert de rampe d’accès, et freiner immédiatement une fois dessus pour ne pas finir dans l’eau en face. Rudimentaire mais plutôt efficace.
La région n’étant pas très touristique, il est difficile d’y trouver un restaurant digne de ce nom. Bien sûr on pourrai manger une soupe aux nouilles, comme tous les matins, midis et soirs depuis trois jours, mais on aimerait quand même marquer le coup. On dégote finalement une bicoque qui nous sert du riz et du poulet. La soirée se termine en douceur avec une bouteille de laolao, un alcool local à base de riz … plutôt costaud.





Plat national: la noodle soup! Hum!