Les plus profondes gorges de Chine sont menacées. D’ici 2015, un barrage devrait engloutir ce site magnifique. Ne comptant pas revenir d’ici là, c’était le moment ou jamais.
Il faut deux jours de randonnées sur le versant Est des gorges. Le sentier s’élève d’abord depuis le village de Quaitou à la base des gorges et traverse des petits hameaux accrochés à flanc de montagne où les habitants cultivent des terrasses de toute sortes de légumes et céréales. Les maisons font penser à des chalets suisses avec leurs toits à faible pente et leur aspect de bois lazuré. Ca grimpe sec: 800 m de dénivelé sur des petits lacets… Arrivés en haut, un homme attend: c’est 8 yuan pour prendre une photo depuis le point de vue! Que croit-il celui là? Que la montagne est à lui? Il n’a rien reçu.
Le chemin continue ensuite en suivant les courbes de niveaux. On aperçoit rarement le fleuve au fond des gorges, 900m plus bas, à tel point elles sont encaissées. A défaut on a une vue splendide sur la chaîne de montagnes d’en face, dont les neiges éternelles culminent à plus de 5000m. Les plus hautes montagnes que je n’ai jamais vues, jusqu’au Tibet en tout cas. De temps en temps on croise de petits convois de mules chargées de fagots de maïs plus gros qu’elles, dirigés par un bonhomme au grand sourire.
Ca sent la fin de journée lorsque nous arrivons à la Tea Horse Guesthouse, à mi-chemin. Nous décidons de continuer encore une heure jusqu’à la prochaine qui, parait-il, bénéficie de la plus avantageuse situation sur les gorges. Nous ne le regrettons pas: depuis sa terrasse, on contemple l’impressionnant versant opposé dont les reliefs aiguisés sont encore d’avantages mis en valeur par les rayons rasants et rougeoyants du soleil couchant.
La Guesthouse a d’autres atouts pour séduire: mignonne architecture sino-suisse, cuisine délicieuse, chambre avec vue et WC ouverts sur le paysage.
Après une soirée en compagnie d’un couple de jeunes Australiens qui vivent en Chine accompagnés de leur mamans venues les visiter, la température se refroidit sérieusement et nous regagnons nos chauds duvets. Au réveil, en tirant les rideaux, on se retrouve nez à nez avec les falaises. Nous trainons un peu sur la terrasse pour le petit déjeuner. Il fait si bon au soleil, nous ne sommes pas pressés de redescendre…
| Un tigre aurai franchi les gorges d'un saut...un gros tigre! |
| Coucher de soleil d'un coté... |
| ...Lever de l'autre |
| Petit déj. |
| Vue du lit... |
| ...et vue des WC |
