| La "ville frontière" népalaise, vue depuis la "ville frontière" chinoise. |
On traverse un pont, au fond d’une vallée encaissée, et on change complètement d’univers.
Les « villes » frontières se sont développées le long de la longue route qui serpente à flanc des montagnes, d’un coté chinoise et de l’autre népalaise. Encore un drôle d’endroit pour construire une ville. Des centaines de camions « TATA » népalais, bariolés de couleurs et de slogans mystiques, attendent à la file indienne la réparation de quelques dizaines de mètres de route endommagée.
Si le poste de douane chinois est ostensiblement moderne, avec des soldats au garde à vous, le poste népalais se réduit à un petit bâtiment usé où deux hommes délivrent les visas derrière un vieux comptoir en bois.
Le Népal n’a rien à voir avec le Tibet: Il n’y a que deux kilomètres d’écart entre les deux pays, mais cette distance étant comptée verticalement, elle a une grande importance.
Les paysages sont complètement différents: les larges vallées minérales font place à des vallées encaissées et verdoyantes. Les maisons cubiques blanches et noires tibétaines sont remplacées par des bicoques en bois et en tôle colorées.
Pour relier Kathmandu, nous avons choisi de prendre place sur le toit d’un bus « express » plutôt que coincés à l’intérieur sur les sièges spartiates. Arrivés les premier sur le toit, on s’était mis à l’aise, confortablement installés sur nos sacs de couchage et le dos appuyés aux sacs. Des népalais ont commencé à nous rejoindre, avec de gros sacs pleins de marchandises qui se sont peu a peu accumulés jusqu’à restreindre notre espace vital au stricte minimum. Lorsque le bus a démarré, nous étions avec une douzaine d’autres voyageurs, vautrés sur une montagne de sacs de tissus. Les premiers kilomètres sur les routes sinueuses ne se font pas sans une certaine appréhension. Les ravins longés à toute allure sont d’autant plus impressionnants qu’il sont vus depuis là haut, avec les cheveux au vent. Mais finalement, ça ne secoue pas tant que ça n’y parait et l’on peut facilement s’accrocher à la galerie. On a ainsi pu assister à des scènes qui auraient pu inspirer les scénaristes de films d’action américains: des gens qui passent de l’intérieur du bus au toit en grimpant sur le côté du bus tandis que celui-ci négocie une épingle surplombant un précipice…
Le point de vue est cependant très intéressant: on est au premières loges du spectacle plein de couleurs de la campagne népalaise. A chaque arrêt dans les bourgades où montent et descendent passagers et marchandises, on surplombes les mille et une scènes de vies qui se déroulent autour du bus.

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