De San Pedro d’Atacama, on file directement vers le nord de l’Argentine, à Salta. On avait hésité entre deux options, celle du cœur et celle de la raison: l’autre aurait été de redescendre à Santiago où on aurait revu Suzana et Christian, pour ensuite traverser les Andes vers Mendoza et remonter l’Argentine jusqu’en Bolivie. Plus long, plus cher, plus fatiguant…on a préféré aller moins loin, en voir moins aussi, mais en prenant plus le temps et en économisant nos deniers. Après le rythme effréné des deux dernières semaines avec mes parents, on a besoin de ralentir un peu et de prendre le temps.
Le trajet de 11h est vraiment magnifique: la route traverse de hauts plateaux, frôle des volcans enneigés, longe d’immenses salars… A première vue, le côté argentin de la cordière des Andes ressemble au côté chilien. Mais après le dernier col à 4200m, la route plonge dans une profonde vallée en décrivant d’interminables convolutions. Les flancs des montagnes sont rongés par une érosion qui leur donne l’aspect de rideaux plissées. Les couleurs sont encore plus étonnantes que ce qu’on a pu voir jusqu’à présent. On traverse Pumamarca, petit village que l’on reverra plus tard, en remontant vers la Bolivie. A partir de là, le bus s’enfonce progressivement dans la brume et la nuit jusqu’à Salta.
Les meilleurs plans de logement ne se trouvent pas en descendant du bus. Fatigués ce soir là, on accepte de jeter un œil sur ce que nous propose un rabatteur à la station de bus. Dortoirs sombres, matelas sommaires, ambiance TV allumée…ça ira pour ce soir mais pas plus.

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