La piste qui relie Cachi à Cafayate, longue d’environ 150km, est très peu fréquentée. Beaucoup de gens qui visitent ces deux villes sans voiture doivent repasser par Salta car il n’y a pas de transport en commun. Cela s’explique par le mauvais état de la piste et par le faible nombre d’habitants le long de la route. C’est bien dommage pour eux car ils manquent là un fameux spectacle. La première partie est relativement monotone en rapport au reste de la boucle, bien qu’elle longe un bel et large rio bordé de terres fertiles sur fond de montagnes désertiques. On y croise des hordes de perroquets verts que l’on prend de loin pour des pigeons avant de voir leur bec crochu et leur longue queue. On traverses quelques jolis villages aux maisons de terre, parfois enduites et peintes de blanc.
À mi-parcour, la route entre dans un paysage incroyable de rocs hérissés: les fléchas, qui ressemblent à d’énormes écailles dressées vers le ciel. Après quoi, la route retrouve le fleuve. En face de la vallée: une chaine de montagne d’un rouge martien qui contraste étonnement avec le vert des champs à ses pieds.
A Cafayate, on trouve un bon hôtel avec une terrasse sur le toit et un barbecue… c’est l’occasion de tester les fameux « assados » argentins. En attendant l’ouverture des marchés à 19h, après leur longue siesta, on va gouter une spécialité de la ville: les glaces au vin… Une boule rouge de cabernet, une blanche de toronte. C’est étonnant mais pas mal du tout.
Le message est passé dans l’hôtel qu’un assado se prépare. Après avoir acheté une belle pièce de viande, des légumes, du vin et du charbon, nous sommes rejoints par d’autres clients qui nous demandent s’il peuvent partager notre grille. On se retrouve à sept: un argentin, un espagnol, un néozélandais, deux belges et nous. Une bonne soirée qui se finit autour d’une guitare à chanter comme on peut les Beattles, Bob Marley, Nirvana et autres tubes internationaux.

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