On nous avait prévenu: le voyage entre Bagan et le lac Inlé est le pire de Birmanie. Départ à 4h du matin pour une durée de 13h. Mais c’est moins la durée que les conditions de voyage qui sont difficiles. Le seul bus local qui fait ce trajet a été dimensionné aux locaux, c’est-à-dire pour de petits gabarits. Il est pourtant remplit à 80% de touristes. Les sièges sont plutôt des banc en bois, avec un dossier aussi raide que droit. On s’estime malgré tout chanceux avec nos bancs car les derniers arrivés dans le bus, un groupe de japonais, se sont vu offrir des tabourets en plastique installés dans l’allée centrale. C’est vrai qu’eux ont l’habitude des espaces réduits, mais là c’est grave. On est coincés de toutes parts: épaules contre épaules et vitre, genoux contre barre de fer du dossier avant. Les secousses dues à la route défoncée se traduisent par des vagues humaines qui traversent le bus. On avait pensé aux boules quies pour se parer contre la musique infernale crachée par les hauts parleurs juste au dessus de nos têtes (comme si le trajet n’était pas assez pénible comme cela). Mais cela ne suffit pas. Elodie a finalement interpellé le chauffeur de loin (coincée, elle ne pouvait bouger) pour lui demander, par signes, de couper le son. Soulagement général dans le bus.
Les enfants sont, comme souvent, les plus démonstratifs et nous interpellent de loin. Parfois, on croise une barque avec deux gamins qui semblent à peine avoir l’âge de marcher… Après 40 min, on a fait le tour et la femme nous amène dans son petit restaurant près du ponton. De là aussi, la vue est magnifique sur le village. On resterait bien au village jusqu’au coucher du soleil. L’idéal serait même d’y assister depuis une barque. Qui ne tente rien n’a rien: on demande à la femme si l’on peut louer sa barque. Elle hésite un peu, nous demande si on sait nager et finalement, nous donne quelques consigne au cas où on croiserait des gros bateaux à moteur sur la voie principale.
La barque fait peut être cinq mètres de long. La femme ne nous donne pas la plus petite à coté car trop instable pour nous. On s’installe, Elodie à l’avant, Nicolas à l’arrière, avec chacun une pagaie. Diriger l’embarcation s’avère un peu plus difficile que prévu. Sans dérive, elle a tendance à pivoter facilement d’un coté ou de l’autre. Tout est dans l’inclinaison de la pagaie, utilisée toujours du même côté. Facile à dire. Plus d’une fois, les villageois ont semblé se moquer gentiment de nous tandis que notre embarcation partait de travers au moment de croiser la leur. On remonte en zigzagant la voie principale vers l’ouest et le lac. Une fois sortis du village, il faut encore traverser une étendue de jardins flottant hérissés de tiges de bambou. Des tomates! On arrive dans les eaux du lac. Le vent d’ouest nous repousse lentement et on laisse notre barque se caler contre le tapis de plantes flottantes pour assister au spectacle.La silhouette de nombreux pécheurs se détache sur l’horizon. Notre expérience toute fraiche nous fait admirer d’autant plus leur habileté et leur technique de pêche. Alors que nous avons du mal à tenir debout sur la barque vacillante, eux sont dressés sur une jambe sur la pointe arrière du bateau. Ils tiennent leur pagaie de manière a ce qu’elle forme un prolongement de leur deuxième jambe, avec laquelle ils se propulsent à une vitesse stupéfiante. De leurs mains libres, ils jettent leur filet à l’eau et le ramènent à eux. De vrais équilibristes.

Coucou les loulous!
RépondreSupprimerCa va , pas trop mal aux bras après ces débuts chaotiques en barque? :)
C'est vrai qu'ils sont impressionants , tenant sur une jambe, sur d'aussi longue barque!!! Les photos sont toujours aussi superbes et elles reflètent bien leur aisance au maniement de la pagaie avec leur jambe! Whaou!
Bien joué Elo pour le son dans le bus, j'aurais craqué moi aussi!! je comprends pas dailleurs pourquoi il le mette aussi fort?!!
Et géniale la photo avec Elo (?) au pied de l'arbre immeeeense, le contraste de taille est frappant!!
Gros gros bisouilloux!!!
Tif
terrible le village pilotis... Image d'une des nouvelles d'Italo Calvino et ses villes invisibles.
RépondreSupprimerC'est très beau.
Biz