Il nous faut une bonne heure pour atteindre la pointe Sud où un marché à lieu dans un village. A l’approche du village, des marchands sur leurs petits bateaux s’agrippent au notre pour nous proposer leurs babioles. Ils sont un peu collants. Notre bateau se range à coté d’une centaine d’autres le long d’une fine bande de terre. Il y a pas mal de touristes, mais bien plus encore de birmans venus des villages alentours. On traverse le parking à bateau pour rejoindre la terre où une foule se presse entre les étals colorés.
Le lac est un territoire fascinant qu’on n’appréhende pas comme un lac « classique ». Il se pratique essentiellement de l’intérieur, en bateau. Aucune route n’en fait le tour ou le longe. Plusieurs dizaines de milliers de personnes vivent dans les différents villages construits sur et autour de lui, formant une grande communauté. La surface de l’eau représente l’espace public pratiqué par tous. Nos repères de terriens y sont quelque peu bouleversés, notamment par le fait que l’on ne s’y déplace pas aussi facilement que dans une rue. Le bateau tient évidement une grande place dans cette société. Qu’il soit à moteur ou non, il sert non seulement de véhicule, mais aussi d’outil de travail, d’espace de rencontre…
| Jardins flottants |

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