23.3.11

INLE 2


Ce jour là, on se lève tôt, on prend notre petit déjeuner en vitesse et nous voilà prets pour une journée en bateau sur le lac Inlé. On partage le tour avec Raphaël et Paulina, un jeune couple de Polonais rencontrés la veille au restaurant barbecue de rue. L’embarcation est un long bateau effilé où sont disposés quatre petits fauteuils en file indienne. A l’arrière, le batelier souriant manie son puissant moteur et occasionnellement une rame pour les manœuvres. Bien qu’ensoleillée, la matinée est plutôt fraiche, et une fois sur le bateau à pleine vitesse, on commence à avoir vraiment froid. On descend le canal qui mène jusqu’au lac en traversant de grandes étendues de plantes aquatiques où se perchent quantité d’oiseaux pêcheurs. 
Une fois sur le lac, le bateau ralentit à l’approche des pêcheur pour qu’on puisse apprécier à nouveau leur incroyable technique. Le lac mesure environ 22km du Nord au Sud et 10 km d’Est en Ouest. Ses limites sont complètement floues: il n’y a pas de berges à proprement parler, il s’agit plutôt d’une transition progressive entre les eaux , les végétaux , les marais… Autour du lac, un réseau de canaux irrigue la plaine, servant à l’irrigation et aussi de voie navigable.
Il nous faut une bonne heure pour atteindre la pointe Sud où un marché à lieu dans un village. A l’approche du village, des marchands sur leurs petits bateaux s’agrippent au notre pour nous proposer leurs babioles. Ils sont un peu collants. Notre bateau se range à coté d’une centaine d’autres le long d’une fine bande de terre. Il y a pas mal de touristes, mais bien plus encore de birmans venus des villages alentours. On traverse le parking à bateau pour rejoindre la terre où une foule se presse entre les étals colorés. 

Le lac est un territoire fascinant qu’on n’appréhende pas comme un lac « classique ». Il se pratique essentiellement de l’intérieur, en bateau. Aucune route n’en fait le tour ou le longe. Plusieurs dizaines de milliers de personnes vivent dans les différents villages construits sur et autour de lui, formant une grande communauté. La surface de l’eau représente l’espace public pratiqué par tous.  Nos repères de terriens y sont quelque peu bouleversés, notamment par le fait que l’on ne s’y déplace pas aussi facilement que dans une rue. Le bateau tient évidement une grande place dans cette société. Qu’il soit à moteur ou non, il sert non seulement de véhicule, mais aussi d’outil de travail, d’espace de rencontre… 




 


























Jardins flottants







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